Vaincre le syndrome de l'imposteur pour s'exprimer avec plus d'assurance

2026.08.25
Femme hésitant à prendre la parole en réunion, symbole du syndrome de l'imposteur et de la prise de parole en public

Martial ne relit jamais ses notes avant une réunion. Il arrive, il s'assoit, et quand vient son tour, les mots sortent comme s'ils avaient toujours été prêts. Moi, dans le même open space, j'ai longtemps préparé chaque phrase trois fois avant de risquer une remarque sur nos dossiers, convaincue qu'une professionnelle malaisée à l'oral n'avait pas sa place à prendre la parole devant les autres. Le syndrome de l'imposteur ne regarde pas les compétences réelles ; il regarde seulement qui, autour de la table, semble le plus sûr de lui.

Une précision avant d'aller plus loin, par honnêteté : certains liens de cet article sont affiliés, ce qui veut dire qu'une commission peut revenir à ce site si vous rejoignez une formation ou achetez un outil par ce biais, sans que votre prix change d'un centime. Tout ce que je décris ici, je l'ai vécu avec mes propres rougeurs et mes silences trop longs ; quand un lien ne rapporte rien au site, je le dis aussi simplement.

Ce qui m'agaçait dans son aisance

Nous partageons le même open space depuis un moment, et je l'ai observé prendre la parole en réunion sans qu'un seul muscle de son visage ne trahisse le moindre doute. Un jour, je lui ai demandé comment il faisait pour ne jamais paraître pris au dépourvu ; il m'a expliqué sa méthode sans une once de condescendance, comme si la question ne l'étonnait pas.

Ce jour-là, quelque chose cognait sourdement dans ma gorge avant même que je prenne le micro pour poser ma propre question, et une chaleur m'était montée aux joues pendant que je parlais, une chaleur déjà retombée au moment où j'ai terminé ma phrase. Cette peur du regard des autres, je l'ai longtemps laissée décider à ma place, avant de comprendre comment surmonter ma peur du jugement des autres à l'oral grâce à mon expérience plutôt qu'en cherchant à la faire taire d'un coup.

Rien dans son travail ne prouve qu'il maîtrise mieux nos dossiers que moi ; il se trompe parfois, comme tout le monde, et corrige sans en faire un drame. Ce qui change, ce n'est donc pas la compétence, mais la question qu'il se pose avant de parler, une question complètement différente de la mienne.

Main tenant un stylo au-dessus d'un carnet de notes, préparation avant une prise de parole malgré le syndrome de l'imposteur

La légitimité, une question différente de l'aisance

L'aisance, chez lui, ressemble à un trait de caractère, presque un réflexe. La légitimité, chez moi, a toujours été une question distincte : ai-je le droit d'occuper cette minute de parole avec ce que je sais ? Le syndrome de l'imposteur confond les deux, et il me faisait croire que, sans l'aisance naturelle de Martial, je n'avais tout simplement pas ma place à la table.

Or la légitimité ne se mesure pas à la fluidité avec laquelle les mots sortent ; elle se mesure à la solidité de ce qu'il y a derrière eux, mes dossiers, mes chiffres, les années passées à les connaître par cœur. Un discours hésitant peut porter une parole parfaitement légitime, et un discours fluide peut ne rien dire du tout.

C'est cette distinction qu'un livre sur la repartie, La Guerre des Mots : L'Art de l'Eloquence, m'a aidée à formuler plus clairement : il ne promet pas de transformer qui que ce soit en bête de scène, il travaille seulement le choix des mots, ce que j'appellerais volontiers de l'éloquence sans estrade ni costume de scène. Pour quelqu'un qui avait tendance à s'excuser avant même d'avoir parlé, apprendre des tournures qui posent une idée sans hausser la voix a changé la donne plus qu'un discours sur la confiance en soi.

Pile de livres sur l'éloquence et tasse de thé sur un bureau en bois, ressources pour gagner en assurance à l'oral

Lever la main sans en avoir l'air

Un autre jour, en fin de conférence, la question me brûlait les lèvres depuis le début de l'intervention, et je l'ai posée avant de me raviser. Rien de spectaculaire n'a suivi : la salle a simplement écouté, puis quelqu'un d'autre a enchaîné avec une remarque, comme si ma question avait toujours eu sa place là.

C'est en osant poser une question en public à la fin d'une conférence sans trembler que j'ai commencé à comprendre que la salle n'attendait pas la perfection, seulement une contribution sincère. Yolène, une amie d'enfance que j'ai retrouvée par hasard, parle assez pour deux et laisse sans même y penser des blancs où glisser un mot ; c'est en discutant avec elle que j'ai remarqué combien il est plus facile de parler quand quelqu'un vous fait vraiment de la place.

Le vin n'a rien changé à ma prise de parole

Avant un toast, il y a longtemps, j'avais misé sur un verre de vin pour desserrer l'étau, l'idée classique qu'un peu d'alcool détend et libère la voix. Ça n'a strictement rien changé au tremblement dans mes mains ni à la vitesse à laquelle mon cœur battait une fois debout devant les invités.

Ce raté m'a appris quelque chose d'utile : quand le trac vient du corps, aucune astuce de détente ne remplace un travail direct sur la respiration ou sur la voix, et ce n'est pas le même chantier que celui de la légitimité. Pour ce genre de trac, plus physique que mental, une ressource comme Comment parler en public avec aisance se concentre davantage sur la gestion du corps avant de parler, même si je l'ai trouvée plus dense à suivre au quotidien que le travail sur les mots.

Rester dans la phrase malgré l'interruption

Une autre fois, en plein point d'équipe tendu, quelqu'un a coupé ma phrase au milieu d'un chiffre important. D'instinct, je me serais tue et j'aurais laissé filer mon idée, ce vieux réflexe d'évitement qui a longtemps décidé à ma place.

Cette fois, j'ai gardé le contact visuel, j'ai laissé un silence d'une seconde plutôt que de bafouiller, et j'ai terminé ma phrase sans hausser le ton. Apprendre à gérer les interruptions à l'oral sans perdre mon calme ni mes idées tient autant à ce silence qu'à la fermeté du ton : une pause bien placée dit souvent plus qu'un mot de trop, et savoir reprendre sa place dans une conversation de groupe ne demande pas de couper la parole à qui que ce soit.

Deux réunions, un toast raté et une question posée trop vite pour y réfléchir : ces épisodes dessinent deux doutes bien différents sous l'étiquette du syndrome de l'imposteur. Le premier porte sur mes dossiers eux-mêmes : quand il se manifeste, je vérifie une dernière fois avant de parler, parce qu'il dit parfois vrai. Le second porte seulement sur mon droit d'occuper la parole alors que je sais de quoi je parle ; celui-là, je le laisse maintenant filer, parce qu'il ne dit rien de réel sur ma compétence.

Le syndrome de l'imposteur n'a pas disparu de mon quotidien, mais il a changé de rôle : il vérifie mes sources au lieu de me faire taire. Si vos mots restent coincés dans la gorge alors que vous avez des dossiers solides derrière vous, la solution n'est pas de faire taire ce doute à tout prix, mais de lui donner un meilleur script, exactement ce que La Guerre des Mots m'a offert, et ce que je recommande en premier à qui hésite encore entre les deux.